Décryptage de l’article de la DH sur les incidents au centre d’hébergement de migrants

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Un article de la DH, fortement partagé sur les réseaux sociaux, cherche à démontrer que le centre d’hébergement pour migrants La Porte d’Ulysse met en danger la vie de ses travailleurs et cache des incidents réguliers en son sein.

Cet article ne jugera pas les faits sur le fond puisque nous n’avons actuellement pas réussi à confronter suffisamment de versions et de témoignages pour pouvoir produire un article le plus complet possible.

Contacté par nos soins, Mehdi Kassou de la plateforme citoyenne d’aide aux réfugiés nous indique ceci:

On étouffe rien, il ya des bagarres
Des insultes
Mais depuis décembre.. On a jamais connu d’incident qui nécessite une communication
On a banni des mecs agressifs
Des cas psys…
Et bordel, dans 90% des cas
C’étaient même pas des migrants
Mehdi Kassou nous explique aussi ne pas avoir été contacté par la journaliste de la DH. Aucun membre du conseil d’administration du centre n’a été contacté.

Décryptage de l’article:

Dès la première phrase, le ton est donné. La journaliste Nawal Bensalem utilise une phrase choc qui insinue qu’il y aurait une véritable politique d’omerta au sein de La Porte d’Ulysse,  pour ensuite utiliser la formule « c’est en quelque sorte la politique menée par les membres de la plate-forme citoyenne ».
Nous avons donc ici directement une mise en cause du travail des bénévoles qui chercheraient à cacher à tout prix les incidents. Dans la première phrase de l’article. Sans la moindre preuve.

Comme Mehdi Kassou nous le signalait, il y a une véritable volonté de régler un maximum de problèmes en interne, mais c’est le rôle naturel de toute association d’aide aux personnes de les aider, même en cas de violence, plutôt que de faire appel aux autorités.

Qu’est-ce que le pire auquel un travailleur a échappé ? Il s’agit ici d’une formule toute faite visant à faire fantasmer le lecteur sur l’éventuelle mort certaine du travailleur sous les coups des migrants. Si cela est réellement le cas et qu’il s’agit d’une dissimulation de la plate-forme, il convient de saisir les autorités, pas simplement d’insinuer la mise en danger de mort du personnel de La porte d’Ulysse.

Concernant ce cas, Mehdi Kassou explique « qu’un témoin direct affirme que c’est le vigile qui a sorti le couteau ».

On notera ici encore que les responsables de la plate-forme n’ont pas été interrogés par la journaliste sur ce cas et que l’agent de sécurité lui-même n’a pas confirmé la version avancée dans l’article de la DH.

La dernière partie de l’article contient encore des témoignages écrits, sans preuves, des approximations « La plupart des agents de sécurité »,…
Pour finir sur une nouvelle ficelle émotionnelle puisqu’encore une fois, sans preuve, la journaliste indique que des femmes pourraient être violées par les hébergés du centre. Ni plus ni moins.
En ajoutant que la Plateforme citoyenne souhaite garder le plus longtemps possible le centre d’hébergement ouvert. Il s’agit ici encore une volonté de faire passer l’associatif pour un but en soi plutôt que pour un pansement nécessaire face à des besoins urgents.

Un article totalement orienté donc qui produit instantanément ses effets auprès des lecteurs: 

Afin de vous donner une idée du travail de Nawal Ben Salem, nous vous proposons également de lire, regarder et écouter ceci:

Nawal Bensalem a fait l’objet de plaintes fondées à plusieurs reprises au conseil de déontologie journalistique:
Parquet de Bruxelles c. N. Bensalem / SudPresse
Enjeux déontologiques : méthodes déloyales (art. 23), atteinte à la vie privée (identification et droit à l’image – art. 25), atteinte à la dignité (art. 26)

J.-M. Tinck c. SudPresse
Enjeux déontologiques: respect de la vérité (art. 1 du Cddj) ; atteinte au droit à l’image (art. 24) ; atteinte à la vie privée (art. 25)

B. Van Breedam c. N. Bensalem / SudPresse
Enjeux déontologiques : vie privée, identification, défaut de vérification, droit à l’image, falsification d’image.

Nawal Bensalem oeuvrait également dans l’émission polémique de Benjamin Maréchal « C’est vous qui le dites » avec des positions tout aussi nuancées sur certains sujets:

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