Ménages: Louer Pascal Vrébos pour votre événement ? 1210€ les 2 heures.

Read My Lips est une agence belge de conférenciers, d’orateurs et de modérateurs qui permet à des entreprises de « louer » les services de journalistes et personnalités de médias pour leurs événements.

Les petits ménages

Contrairement à la France où les journalistes stars ont des salaires mensuels à 5 chiffres, c’est rarement le cas en Belgique puisqu’on estime qu’un présentateur de JT tel que François de Brigode ne gagnerait « que » 3000€ net. (DH.BE/2016)

Du coup, beaucoup de journalistes, pour arrondir les fins de mois voire pour gagner + qu’avec leur activité principale, ont recours à des prestations externes. Ils utilisent leur image publique, télévisuelle bien souvent, pour vendre leurs services à des entreprises qui cherchent à appuyer la force de leur événement par la présence d’une personnalité appréciée et/ou respectée du public.

Sur le site de Read My Lips, on trouve 60 conférenciers qu’on peut ajouter dans sa wishlist (liste de souhaits) comme dans n’importe quel commerce en ligne. On y trouve des personnalités publiques telles que Delphine Boël, Jacques Borlée, Jean-Michel Saive,… Mais aussi beaucoup de journalistes.
On notera également qu’on trouve plusieurs catégories, événements business ou socioculturels puisque certains choisissent de ne pas utiliser leur image pour promouvoir un événement business. En fait, il n’y a qu’une seule personne du catalogue Read My Lips, Annelies Beck, journaliste à la VRT, qui a fait le choix de ne pas figurer dans le catalogue business.

Combien ça coûte ?

Nous avons fait une demande de location du présentateur Pascal Vrébos et le prix est de 1000€ HTVA pour modérer 2 heures de débat auxquels il faut ajouter 145€ HTVA de frais de dossier (la commission de Read My lips) et les frais de transport. (Et nous imaginons que Pascal Vrébos ne vient pas en bus).

Read My Lips nous indique également que si nous désirons 2 heures de préparation il faut compter 500€ HTVA en plus et les frais de transport.

On demande un dossier complet dans la langue de l’événement pour la présentatrice/présentateur (avec déroulement de la journée, court CV de chaque intervenant, les questions, suffisamment d’infos sur les thématiques traitées…)  indique la société. Il n’y a donc pour le présentateur/modérateur pas grand chose à faire si ce n’est venir lire les fiches qui lui auront été préparées.

Finalement on trouve donc ce type d’événements, ici au cercle de Lorraine où Pascal Vrébos est présenté comme auteur dramatique:

Pascal Vrébos ?

Pascal Vrébos est tantôt défini comme journaliste, tantôt comme auteur, animateur,…
Il est aujourd’hui président du comité scientifique de l’ULB et donne cours d’éducation aux médias.

Il a été consultant chez Nethys jusqu’en 2017.

Est-ce que c’est autorisé ?

On peut considérer tout d’abord les 2 types de prestations offertes par Read My Lips. Les conférences où le journaliste présente un sujet (ou parle de son métier) et les modérations/présentations où il ne fait que le « passe plats » et anime la soirée. Dans ce second cas, il loue avant tout son image.

A ce propos, nous vous invitons à lire la fiche de l’AJP sur le sujet.

Il y a une certaine forme de non dits et d’hypocrisie puisque les limites de la loi de 1963 qui définit le statut de journaliste interdit ces méthodes.

« Nul ne peut être admis à porter le titre de journaliste professionnel s’il ne remplit pas les conditions suivantes :
n’exercer aucune espèce de commerce et notamment aucune activité ayant pour objet la publicité, si ce n’est en qualité de directeur de journal, d’émission d’information, d’actualités filmées ou d’agences de presse. »

Les personnes reprises sur le site de Read My Lips ne devraient théoriquement pas pouvoir garder leur carte de presse et les différents avantages qu’elle apporte (reconnaissance morale, accès à des lieux protégés ou difficiles d’accès, musées gratuits, train gratuit en 2ème classe et 75% en 1ère,…) puisqu’elles participent à la publicité de sociétés et événements en utilisant leur image publique comme « certification qualité » de telle ou telle entreprise.

Néanmoins, en 2010 dans la directive sur la distinction entre publicité et information, le Conseil de Déontologie Journalistique indique ceci:

« Les journalistes sont autorisés à mener des activités au service de tiers dans la mesure où celles-ci ne portent pas atteinte à leur indépendance. Les critères de l’atteinte à l’indépendance tiennent à la nature de
l’activité, à son caractère ponctuel ou non ou, à sa durée, au type de rémunération et à l’autonomie d’expression des journalistes »

Des notions très floues donc.

Nous avons interrogé plusieurs journalistes détenteurs d’une carte de presse et tous nous disent la même chose: C’est une pratique qui est très mal vue, en Belgique comme en France et les journalistes qui font régulièrement des ménages n’en font pas de publicité.

Pour preuve, on trouve ceci dans les conditions générales de vente de Read My Lips: 

7.1 Sans autorisation préalable et écrite de Read My Lips, le Preneur de service ou les tiers admis par le Preneur de service à la prestation de l’Orateur ont l’interdiction:
a. de réaliser des photographies, film, vidéo ou enregistrements sonores de la prestation de l’Orateur;
b. de reproduire ou de diffuser par quelque procédé que ce soit le nom ou l’image de l’Orateur dans des expressions publicitaires à travers quelque média que ce soit, à l’exception du matériel destiné à promouvoir l’évènement ou d’invitations préalables à la prestation ;
c. d’utiliser tout ou partie de la présentation écrite ou orale de l’Orateur.

Il n’est donc pas permis pour la société qui loue un journaliste d’en faire la promotion publiquement avant, pendant ou après l’événement.

« Aucun présentateur n’a envie que se retrouvent sur internet les photos d’un événement pour un laboratoire pharmaceutique alors qu’il présente le lendemain dans son journal un scandale à propos de médicaments » nous explique un journaliste de la RTBF.

Même si ce n’est pas + appuyé sur le papier à la RTBF que chez RTL, on voit que les modérateurs et conférenciers sont bien plus présents en provenance du privé que du service public.

 

Qui a fondé Read My Lips ?

L’équipe de Read My Lips est décrite comme suit: 

Jan Puype

Jan Puype (1973) a été journaliste d’investigation indépendant pendant plus de 10 ans. Il a publié 2 bestsellers (“De Ridders van de West-Vlaamse tafel – Kroniek van succesvol ondernemen” et “De Elite van België – Welkom in de Club”, Editions Van Halewyck). Ensuite, Jan a réalisé durant 5 ans plusieurs reportages pour le magazine Panorama de la VRT. Pour un de ses reportages, Jan Puype a gagné le prestigieux prix Dexia de la presse. Avec Read My Lips, Jan veut permettre, d’une part, aux conférenciers de disposer du temps nécessaire à exposer leur vision et à partager leur expérience et, d’autre part, permettre aux participants de poser leurs questions ou de commenter. Son expérience journalistique le place dans une position idéale pour sélectionner les meilleurs orateurs.

Anne Everard

Anne Everard (1969) est juriste de formation. Elle a co-créé le bureau de conférenciers Read My Lips en 2011 et y exerce actuellement les différentes fonctions de support.

Anne Everard a publié le « Guide du burn-out. Comment l’éviter, comment en sortir » (Albin Michel, 2017) et est également conférencière sur ce thème. Elle a créé sur Facebook différentes pages régionales d’entraide entre burnies (conseils pratiques, bonnes adresses, empathie…), telles que Burn-Out Belgique ou Burn-Out Paris.

Elle a également repris des activités régulières de consultance pour Google.

Avant cela, elle a eu diverses vies professionnelles : consultante dans les pays de l’Est, avocate chez Allen&Overy, directrice juridique et des ressources humaines chez Tele2-Versatel ainsi que directrice adjointe du Ministre de l’Economie, en charge des communications électroniques et des services postaux.