Attentat politique à Liège contre Nation ? Les antifas condamnent les actes de violence commis

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Dimanche 7 octobre, un café du quartier Saint-Léonard à Liège a été victime d’une attaque au cocktail Molotov. Hervé Van Laethem, leader et idéologue du Mouvement d’extrême-droite Nation, était présent. Deux individus encagoulés ont fait irruption dans la rue et ont lancé un projectile inflammable sur la facade du bistrot. Selon un des antifascistes présent sur place au moment des faits, les agresseurs ne faisaient pas partie des mouvements connus en Cité Ardente.

Pour des raisons personnelles, l’antifa ne souhaite pas révéler son identité pour le moment. « D’ici une grosse semaine, je suis prêt à dire qui je suis, mais pour le moment je préfère que l’on me surnomme Gunther » commence-t-il.

Dimanche dernier, le Mouvement Nation s’est rendu à Comblain-Au-Pont pour participer au rassemblement de soutien au pompiste Dominique Castronovo . Il était ensuite annoncé que le cadre du parti, Hervé Van Laethem, se rende avec ses sympathisants au café du quartier de Saint Léonard nommé « Les Caves ».

Les antifas liégeois étaient au courant de cette nouvelle. Craignant que les militants d’extrême-droite profitent du déplacement pour faire un détour sur la Batte et tracter sur le marché, ils s’étaient organisés pour surveiller les lieux. Puis en début d’après-midi, ayant entendu la venue de Van Laethem, un petit groupe s’est rendu au bistrot.

« Le patron a pensé qu’on était des sympathisants, et donc nous sommes entrés dans son jeu » affirme Gunther. « Un camarade qui portait un signe distinctif s’est écarté. Nous avons bu quelques bières avec le gérant qui nous a montré une collection de médailles aux symboles nazis. Selon ses dires, il voulait en faire cadeau pour le pompiste de Comblain, afin de le féliciter de son courage » poursuit-il. « J’avoue, on a bien joué le rôle des fachos » ajoute-t-il.

En milieu d’après midi, Hervé Van Laethem est arrivé avec entre autre, Léticia Knevels, candidate du mouvement sur la commune d’Ans. « Nous avons discuté tout en continuant notre mascarade. Nous envisagions aussi de faire voler quelques claques, mais rien de plus ». Gunther l’accorde, fachos comme antifas ont l’habitude de se distribuer des claques, mais il est rare que cela ait plus loin.

« Nous sommes sortis fumer une clope. Une voiture est passée et on nous a fait comprendre de dégager. Ce que l’on a fait. Quelques secondes plus tard, deux individus encagoulés ont balancé un cocktail Molotov sur la façade. Heureusement, ça a ricoché et les dégâts ont été plus que limités ».

Gunther insiste : « les premiers surpris, c’était nous. Nous n’avons jamais eu connaissance de cette action. Les différents collectifs antifas se sont réunis par la suite. Aucun d’entre nous ne revendique cette attaque. D’ailleurs, on ne sait toujours pas qui étaient ces dingues. Certains évoquent l’hypothèse d’un coup monté par Nation pour se victimiser. Ça paraît gros, mais on a aucune autre piste. Toutefois on est tous d’accord pour dire que ces actes sont condamnables. Deux personnes âgées se trouvaient dans le café. Les fafs de chez Nation ne sont pas des tendres non plus, mais dimanche on ne peut pas dire qu’il y avait de la résistance devant nous ».

Sur son site web et Facebook, le Mouvement Nation tient une version similaire, précisant qu’il tenait à rester dans le cadre légal mais qu’il restait aussi disposé à se défendre. Gunther dénonce toutefois une erreur factuelle : « Sur Facebook, Nation prétend que les fait se sont passés dans le quartier Saint-Laurent, où un café du même nom existe. Mais c’est faux. Les événements se sont déroulés en Saint-Léonard. C’est dangereux car selon nos sources, le commerçant de Saint-Laurent a déjà reçu des menaces ».

Dans la presse, pas un mot de cet incident. Pourtant, les faits peuvent être qualifiés d’attentat politique et même de tentative de meurtre. Le Mouvement Nation prétend qu’une enquête serait ouverte. Précisons aussi que les militants antifascistes liégeois sont particulièrement actifs et recouvrent quasi systématiquement toutes affiches d’extrême-droite en Cité Ardente et environs. On nous avait prédit une campagne explosive, mais pas à ce point….

NDLR : La politique et l’éthique de Payknow consiste à ne pas relayer les liens revoyant vers des sites d’extrême-droite.

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